Biographie

20 Septembre 1929

Naissance de Marie-Véra Maixandeau à Monte Carlo, fille d’Aurélien Maixandeau et de Marie-Madeleine Bricogne, dernière d’une fratrie de 5 enfants après Madeleine, René, Louis, et François.

 

Ses yeux sont malencontreusement détruits à sa naissance par une pommade mal dosée par le pharmacien, qui en a brûlé la cornée. Marie-Véra, toute sa vie durant, fera ainsi partie du monde des amblyopes, situé entre les aveugles et les voyants.

Marie-Véra grandit entre Monte-Carle et Marseille. Malgré son handicap, sa mère n'a cessé de la faire vivre normalement. Marie-Véra apprend le braille, la lecture, et l'écriture, au moyen de lunettes équipées d’un côté d’un verre très épais et de l’autre de 2 verres à 10 cm de distance. 

 

Très tôt, la musique fait partie de sa vie, encouragée par ses professeurs, Alfredo Wyld puis Maître Emile Bourdon, organiste titulaire de la cathédrale de Monte-Carlo.

A 12 ans, elle compose déjà et interprète brillamment des œuvres difficiles lors de concerts à Monaco. 

"le deuxième prodige, encore plus étonnant encore, c'est Marie-Véra Maixandeau. Cette fillette de 12 ans, atteinte d'une quasi cécité, nous a bouleversé par son interprétation de la Sonate en sol majeur, de Beethoven; Nocturne de Chopin, Autrefois et Promenade fortifiante du 5e doigt d'Alfredo Wyld. Ces pièces que certains pianistes expérimentés "ratent" souvent, ont été rendues avec une miraculeuse perfection. Mais le bouquet c'est une Chorale, dont la très jeune virtuose nous a donné une première audition; quelque chose de doux, une mélodie prenante où passe le souffle mozartien. Quel en est l'auteur illustre? Marie-Véra Maixandeau elle-même! Car ce phénomène a le génie de la composition..."*

*article de journal signé Laurent Savelli, paru en 1942

Emile Bourdon, confiant dans les qualités de celle qu'il considérait comme sa meilleure élève*, lui fait rencontrer Marcel Dupré, titulaire des orgues de St Sulpice, dès 1943 (elle a 13 ans) et André Marchal, titulaire de St Germain des Prés, en 1944.

En Octobre 1945, à tout juste 16 ans, Marie-Véra intègre directement le niveau supérieur du Conservatoire National de Paris, dans la classe de Jean Gallon. 

Elle obtient au cours de sa scolarité au conservatoire de multiples récompenses parmi lesquelles :

  • Premier prix d'harmonie en 1947 dans la classe de Jean Gallon

  • Second prix de Fugue en 1950 dans la classe de Noël Gallon

  • Troisième mention d'analyse et esthétique en 1950 dans la classe d'Olivier Messiaen

  • Deuxième prix de composition en 1950

  • Premier prix de composition en 1951 dans la classe de Tony Aubin pour son Concerto pour Piano et Orchestre

 

* Emile Bourdon, Organiste et compositeur, un neveu raconte…. Louis Sauvé. Les éditions de l’officine.

Dans les années 1950 et 1960, Marie-Véra développe avec succès son talent de compositrice.

Dans la seule année 1951, elle compose Adieux à la France, cantate sur des paroles de Marie Stuart, un ballet Boulogne sur Scène, deux pièces (Fugue et Le Matin) qu'elle présente au concours du prix de Rome, et la pièce pour orchestre Roméo et Juliette.

Marie-Véra interprète elle-même, à l'UNESCO son Concerto pour violon et piano, concert diffusé à la radio sur la chaîne Paris 4 Grenelle le 04/01/1951, dans le cadre de l'émission "Banc d'essai de jeunes compositeurs contemporains". Ce Concerto obtiendra le prix-référendum des concerts Pasdeloup en Décembre 1952, sous la direction d'Albert Wolff, avec Jacqueline Schweitzer au piano, et sera par la suite joué à plusieurs reprises notamment en Décembre 1953 (orchestre Pasdeloup) et en Octobre 1961 (orchestre philharmonique de la RTF).

Son ballet Boulogne-sur-Scène, dont elle écrit également l'argument en trois tableaux, remporte en Janvier 1952 le prix Sogeda:

« Plusieurs envois de jeunes musiciens d'avenir et de talent incontestables, avaient été retenus pour être soumis à l'appréciation de S.A.S. le Prince Pierre. Parmi ces auteurs devaient être choisis le ou les lauréats du Prix Sogeda, d'une valeur de 100.000 francs, offert par la Société monégasque pour la gestion des droits d'auteurs. Le 11 janvier ce prix a été partagé ex-aequo entre Mlle Marie Vera Maixandeau, pour son œuvre Boulogne sur Scène et M. Alain Weber, pour son œuvre Le Petit Jeu».*

 

Et c’est le 26 avril 1952, dans la magnifique salle Garnier du casino de Monte Carlo, en présence du prince Pierre qu’est créé ce ballet, par le corps de ballet de l'Opéra de Monte-Carlo

* JOURNAL DE MONACO Lundi 21 Janvier 1952, Suzanne Malard.

Dans la continuité de ce succès, l'Académie des Beaux-Arts décerne à Marie-Véra le prix Rossini (juillet 1952), doté de 15 000 francs, pour sa composition lyrique sur un poème de Charles Clerc, l'Infernale Chevauchée.

C’est aussi en 1952 qu’elle compose Les Roulottes, qu’elle publie sous le pseudonyme d’Edith Stevel, aux éditions Enoch & Cie, chanson qui sera interprétée par Juliette Greco. Bien que les paroles – de Marie-Véra également – soient tristes, l’orchestration est particulièrement riche avec des instruments inhabituels dans la palette de la compositrice tels que la guitare et l'accordéon.

En 1953, le Conservatoire National passe à commande à Marie-Véra d'un oeuvre pour le concours de basson de cette même année. Elle composera pour cette occasion un très beau et guilleret Lied et Rondo pour basson et piano.

Elle compose en 1955 ou 56 sa première Sonate pour piano qui sera donnée en première audition à la Société Nationale de Musique le 16/03/1956 et dont Marie-Véra elle-même sera "la brillante interprète"*.

Cette période féconde lui vaut d’être également jouée, le 23 Avril 1959 dans la prestigieuse salle Garnier du casino de Monte Carlo: 

« Jeudi 23, le grand Orchestre de l'Opéra de Monte-Carlo interprétait, sous la direction de Maitre Louis Frémaux, un programme des plus éclectiques : le public nombreux put goûter, en Première audition « Quatre Offrandes Symphoniques» du jeune compositeur Marie-Véra Maixandeau. Tour à tour charmantes et graves, gracieuses et profondes, ces œuvres témoignent d'une délicate inspiration. »**

C’est également en 1959 que lui est décerné, pour la seconde fois, le prix Rossini, de l’Académie des Beaux-Arts, pour son Stabat Mater.

* Les Nouvelles Littéraires du 22/03/1956, page 10, article signé Marc Pincherle

** Journal de Monaco du 4/5/1959, numéro 5300. Page 434.

A partir des années 60, Marie-Véra enseigne.

D'abord à l'Académie Municipale du Xeme arrondissement de Paris où elle est titulaire d'une classe de théorie musicale pendant 2 ans, puis à l'Institut des Jeunes Aveugles (INJA), de 1963 à 1994, comme professeur de solfège et répétiteur.

En parallèle, sa foi en Dieu se renforce et la musique devient pour elle l’expression d’une évidence devant Dieu. Elle ponctue sa vie de nombreuses retraites, notamment à Notre Dame de Vie à Vénasque (Vaucluse), Notre Dame de Sion (Evry), puis plus tard à l’abbaye bénédictine Jouarre, en Seine et Marne, ou avec les Auxiliaires du Cœur de Jésus (Montmartre), jusqu'à décider dans les années 80 d'être elle-même consacrée au sein de l'Ordo Virginum.

Sa musique est nourrie de cette spiritualité croissante et de la richesse intérieure de "Mademoiselle Maixandeau". Cette foi guidera Marie-Véra dans les 20 dernières années de sa vie vers la composition de psaumes. Elle voulait en effet mettre en musique la totalité du psautier, qu'elle accompagnait au piano, à l'orgue, et parfois au clavecin ou à la cithare, instrument dont elle jouait régulièrement.

Mais c'est également à cause de cette foi qu'elle s'isolera du monde et initiera ainsi son propre retrait de la scène musicale parisienne.

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